Je fais parti de la masse de personnes ayant crus un jour que je pouvais me lancer tête baissée dans une thèse.
C'est ce que j'ai fait avec des hauts et des bas.
J'ai longtemps pensé que je m'en sortirais bien, et puis longtemps pensé que tout était perdu et que tout ceci n'avait aucun sens.
J'ai rencontré beaucoup de gens dans des situations similaires, j'ai beaucoup discuté, pensé, partagé.
Et finalement ça c'était tout le temps bien.
En 2006, il y a eu, et vous le savez déjà tous, de grandes manifestations de chercheurs pour
Sauver la Recherche.
J'ai milité. J'ai manifesté, J'avais un énorme badge sur ma lampe de bureau.
J'ai pensé qu'il fallait sauver la recherche avec plus de sous.
En 2008, la situation est objectivement dégradée. Le nombre de poste à chuté, les financements sur projet sont la norme... et contre cela, une
Academic
Pride s'est tenue.
Et je n'y suis pas allé.
Ce qui est notable, c'est que je ne suis pas le seul (voir comme ça au passage
Pandore et
Caroline). Non pas à ne pas être aller manifester, mais à avoir fait ma
révolution. D'il y a deux ans plein d'espoir à aujourd'hui, cassé, fatigué, lessivé.
Comme je l'ai déjà mentionné, j'ai réussi à avoir un poste, donc finalement, je devrai me retourner et snober ce qui n'ont pas, ce qui se plaignent de... et bien non. C'est atrocement difficile
d'obtenir un poste. La dépense d'énergie de part et d'autre est absurde. D'un côté à traverser les épreuves et la France pour sauver une infime partie d'espoir, de l'autre à manoeuvrer pour que, à
dissimuler ceci pour que...
Absurde monde de la recherche, tellement décrié.
Et c'est de l'intérieur qu'il faudrait se faire entendre.
Comme beaucoup je ne demande pas plus d'argent pour relancer la recherche, je demande le maintien des crédits et deux mesures pour le recrutement : financer les déplacements des candidats
(même s'ils viennent de Washington ou Los Angeles, on les veut ou pas ?) et interdire purement et simplement le localisme (pas compliqué à définir, une thèse soutenue dans telle université implique
de ne pas pouvoir y avoir de poste pendant tant de temps ou tels et tels changements de situation).
Qu'est-ce que ça ferait ? et bien que les recrutements serait des appels d'air dans les labo, que les gens auraient le besoin et l'envie d'aller voir comment l'herbe pousse plus verte dans le pré
d'à côté.
J'ai du partir de ma ville et deux fois plutôt qu'une. Je souhaitais que ça n'arrive pas. Je suis heureux d'être en train de le faire. Et que tout ceux qui s'accroche à une ville, à d'autres
personnes plutôt qu'à la recherche laisse la place.
Je ne serai pas beaucoup entendu d'ici, de ce blog, mais comme je le mentionnais hier, le public c'est la foule à distance et elle ne passe pas si loin. Je recommencerai à vous expliquer en détail
et en exemple chaque point, pour vous faire comprendre qu'il ne s'agit ni de moi, ni de tel ou tel de mes amis, mais que le problème nous touche tous parce que la recherche détermine une
orientation de société.