Jeudi 21 février 2008
Je m'étais promis de ne pas parler trop précisément de politique, de choses futiles et autres... mais  le grand malaise quotidien pousse parfois à se libérer en partageant les choses.

Je regardais hier soir l'excellente émission de Frédéric Taddéï, ce soir ou jamais, dont je pense que je reparlerai et reparlerai tellement c'est un lieu incroyable d'écoute (mais ça sera un prochain sujet).
Je regardais cette émission consacrée à la Nouvelle Génération, qui étrangement ne porte pas nom. C'est intéressant de voir qu'une génération, dans toute la diversité de sa représentation ne parvienne pas à exister unanimement. C'est au moins la fonction d'une qualification.
Et pourtant cette nouvelle génération, dont je ne suis pas encore certain de faire parti, parce que finalement je commence à avoir pris un sacré coup de vieux, est passionnante.
Il était dit hier qu'aujourd'hui, quand on veut s'exprimer, on crée un blog. Dans le ton utilisé on pouvait sentir une certaine lassitude des intervenants. Et je pensais au parcours de Taddéï qui justement lui a réussi à prendre la parole et se donner de la visibilité avec les moyen de son époque, ce qui a finalement pas mal marché. Donc,  il n'y a que en utilisant les moyens de sa génération qu'on peut s'exprimer ?
Question intéressante du point de vue de la littérature, mais ça sera pour un autre fois.

Comme il faut savoir parfois prendre des risques, je crois cette génération du Pragmatisme.
C'est ce que j'ai ressenti en voyant les manifestations des pour et des contre le CPE, ce à quoi je pense quand je regarde "que sont mes amis devenus" entre les aspirations de la jeunesse partagée et la réalité qui reprend le dessus.

Malheureusement, je pense que les formes de manifestation du pragmatisme sont généralement assez primaires... et force est de constater dans les résultats de l'enquêtes sur le moral des jeunes de l'express que seulement 16% (de mémoire... mais c'est le chiffre supérieur dont je me rappelle) accepteraient de payer les retraites de leurs aînes. Sommes nous les membres d'une société où le concept de solidarité a disparu ?
À nouveau je ne pense pas. Mais devant faire face, nous tentons de trouver des solutions. L'attitude choisie massivement est alors de trouver immédiatement une solution, ce qui permet de repousser à plus tard l'interrogation sur le fond. S'en suivent des choix et des positions, non pas pris à moment où la sitution l'oblige, mais où la barrière de protection qu'elle provoque est minimale. On voit alors une verve et une motivation grandissante dans la défense des anciens droits sociaux, dans la projection à 30 ans des défis proposés...
Mais ça n'explique pas pourquoi cette génération n'a pas de nom.

Je pencherais volontiers sur la disparition de la poésie pour expliquer tout ceci...
parce que ce qui manque, au delà des traditionnelles figures charismatiques, des idéaux ou autres, l'arlésienne explicative... c'est intrinsèquement la faculté de rêver...

Est-ce bien raisonnable de penser que c'est Artaud qui explique ce qu'il se passe ?
Et bien je la crains.
Deux exemples qui me laissent penser que la poésie est en train de changer de camp:

Un ayant droit d'Artaud a demandé à un site de littérature d'en sortir les oeuvres présentées depuis plus de quinze ans, et ce la semaine dernière.
El Pais, dans son édition du 14 février, stigmatisait notre président (par extension notre façon de penser et de voir la politique, donc notre vision du monde) et de conclure que son problème (à NS), c'était l'égo qui tirait la position de la France à celle de Monaco. Il y eu un temps où la poésie française... (vous aurez noté que le titre de l'article lui est plein de poésie).
Au moins aux états-Unis, ils ont trouvé un qualificatif pour leur génération: Obama.
publié dans : Politique
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